Depuis des semaines, vous réseautez, vous retravaillez votre CV et vous adaptez chaque lettre de présentation. Puis le courriel arrive : « Êtes-vous disponible jeudi pour une entrevue ? » Bonne nouvelle. Mais quelles questions vous posera-t-on ?
Au Canada, les questions d'entrevue d'embauche, par téléphone, par vidéo ou en personne, suivent un schéma bien connu. Voici ce que cherche chaque type de question, avec des exemples de réponses à adapter, ainsi que les questions qu'un employeur ne devrait pas vous poser.
Les questions d'ouverture
« Parlez-moi de vous. »
Presque toutes les entrevues commencent ainsi. La personne qui vous reçoit veut un résumé de deux minutes de votre parcours professionnel et de votre situation actuelle, pas votre histoire de vie. Suivez l'ordre de votre CV sans le réciter, et terminez par ce qui vous intéresse dans ce poste.
Exemple à adapter : « Je suis ingénieur civil, avec huit ans d'expérience dans des projets de routes et de ponts au Maroc, dernièrement comme surveillant de chantier pour une équipe de douze personnes. Je me suis installé à Calgary l'an dernier et j'ai suivi depuis une formation sur les codes de construction canadiens. Ce qui m'attire dans ce poste, c'est l'accent mis sur les infrastructures municipales, exactement là où mon expérience est la plus solide. »
« Pourquoi avez-vous quitté votre dernier emploi ? »
Soyez honnête, mais ne critiquez jamais un ancien employeur. Si la gestion posait problème, dites que l'entreprise ne vous convenait pas et expliquez ce que vous recherchez maintenant. Si vous êtes parti pour vous installer au Canada, dites-le : c'est une réponse claire et positive.
Exemple à adapter : « Je suis parti en juin parce que ma famille et moi nous installions au Canada. J'étais dans l'entreprise depuis cinq ans et j'y ai beaucoup appris ; je cherche maintenant un poste où je pourrai mettre cette expérience au service d'une équipe canadienne. »
« Où vous voyez-vous dans cinq ans ? »
Pas besoin d'un plan précis, mais montrez que vous avez une direction, idéalement une direction qui passe par cet employeur. Pour un poste de premier échelon, dire que vous voulez apprendre vite et prendre plus de responsabilités suffit.
« Quelle est votre plus grande réalisation ? »
Au Canada, parler de ce que vous avez bien fait est attendu, pas prétentieux. Ne dites pas seulement « J'ai fait ceci » : expliquez comment vous l'avez fait et ce que cela a changé. Votre interlocuteur a déjà lu votre CV et votre profil LinkedIn. Il veut maintenant savoir comment vous réfléchissez et travaillez.
Exemple à adapter : « Dans mon dernier poste, nos rapports de fin de mois prenaient quatre jours parce que les données venaient de trois systèmes. J'ai proposé un modèle commun, formé les cinq personnes qui l'alimentaient, et nous avons ramené les rapports à une journée et demie. Ma gestionnaire a fait de ce modèle la norme pour les autres bureaux régionaux. »
« Parlez-moi d'une fois où... »
Ce sont des questions comportementales, très courantes au Canada. L'idée est que votre façon de gérer une situation dans le passé annonce votre façon de la gérer dans ce poste. Une candidate au service à la clientèle sera sans doute interrogée sur un client mécontent, un gestionnaire de projet sur une échéance ratée.
Répondez avec la méthode STAR, que la fonction publique de la Colombie-Britannique (en anglais) recommande à ses propres candidats : la Situation, la Tâche, l'Action que vous avez menée et le Résultat. Consacrez l'essentiel de votre réponse à l'action, et dites « je », pas « nous », pour qu'on entende ce que vous avez fait.
Exemple à adapter, pour « Parlez-moi d'une fois où vous avez dû gérer un client mécontent » : « Un client a appelé parce que la livraison pour l'ouverture de son restaurant avait deux jours de retard (situation). J'étais responsable de son compte (tâche). Je me suis excusé, j'ai vérifié le stock de notre autre entrepôt, organisé un service de messagerie le jour même à nos frais et je l'ai rappelé dans l'heure avec une heure de livraison (action). La commande est arrivée le lendemain matin, et il a passé une commande plus importante le mois suivant (résultat). »
Préparez cinq ou six histoires avant l'entrevue, et mettez-les par écrit. Notre article sur la préparation d'une entrevue d'embauche explique comment les construire.
« Que feriez-vous si... ? »
Les questions de mise en situation décrivent un problème que vous pourriez rencontrer dans le poste, par exemple : « Que feriez-vous si un client vous demandait de livrer une semaine plus tôt ? » Elles laissent souvent deviner les vrais défis du poste.
Prenez votre temps. Reprendre le début de la question vous donne quelques secondes de réflexion : « Si un client me demandait de livrer une semaine plus tôt, je commencerais par... ». Si vous avez vécu une situation semblable, servez-vous-en : expliquez ce que vous avez fait, ce que vous en avez appris et ce que vous feriez autrement aujourd'hui. Si la question n'est pas claire, demandez : « Pourriez-vous m'en dire un peu plus sur le contexte ? » C'est une question normale en entrevue au Canada, pas un aveu de faiblesse.
« Quelles sont vos attentes salariales ? »
Cette question arrive souvent dès le premier appel. Renseignez-vous avant l'entrevue sur la fourchette pour votre profession et votre région, sur les pages salaires du Guichet-Emplois et dans notre article pour évaluer votre valeur sur le marché, et donnez une fourchette plutôt qu'un chiffre unique.
Exemple à adapter : « D'après ce que j'ai vu pour des postes semblables à Vancouver et selon mon expérience, je vise entre 68 000 et 75 000 $. Je suis ouvert à en discuter selon l'ensemble des conditions. »
« Pourquoi voulez-vous travailler chez nous ? »
C'est là que votre recherche se voit. Les employeurs canadiens embauchent pour les compétences et pour l'harmonie avec l'équipe : reliez ce que vous savez de l'entreprise, de ses produits, de ses clients et de ses valeurs à ce que vous attendez de votre prochain poste. Une réponse générique (« C'est une excellente entreprise ») montre que vous ne vous êtes pas préparé.
Ces exemples sont des points de départ : remplacez chaque détail par les vôtres, puis dites-les à voix haute jusqu'à ce qu'ils vous ressemblent. Une simulation d'entrevue avec une experte en carrière, bâtie sur la vraie offre d'emploi, est le moyen le plus rapide d'entendre quelles réponses fonctionnent.
« Avez-vous des questions pour nous ? »
Répondez toujours oui. Ne pas avoir de questions peut passer pour un manque d'intérêt. Préparez-en trois ou quatre, par exemple :
- À quoi ressemble une semaine type dans ce poste ?
- Qu'attendez-vous de moi au cours des trois premiers mois ?
- Comment l'équipe se donne-t-elle de la rétroaction ?
- Quels sont les plus grands défis de l'équipe cette année ?
Les questions sur votre statut de travail
Comme nouvel arrivant, on pourra vous demander si vous êtes légalement autorisé à travailler au Canada. Répondez de façon factuelle et assurée : quel type de permis ou de statut vous avez, et jusqu'à quand. Si l'employeur doit faire une démarche pour vous embaucher, expliquez-la simplement et renvoyez-le aux pages officielles d'IRCC, Travailler au Canada. Ceci est de l'information générale et non un avis en matière d'immigration ; pour votre situation, adressez-vous à IRCC ou à un consultant en immigration autorisé.
Les questions qu'un employeur ne devrait pas poser
Les lois sur les droits de la personne limitent ce qu'on peut vous demander en entrevue. Le guide de présélection de la Commission canadienne des droits de la personne vise les employeurs sous réglementation fédérale, comme les banques et les transporteurs aériens ; la plupart des autres employeurs relèvent du code des droits de la personne de leur province, comme celui de la Colombie-Britannique (en anglais). En général, un employeur ne devrait pas vous interroger sur votre âge, votre état matrimonial ou familial, votre projet d'avoir des enfants, votre religion, votre lieu de naissance ou vos origines, ou votre santé, sauf si c'est lié à une exigence réelle du poste. Il peut vous demander si vous êtes légalement autorisé à travailler au Canada, si vous pouvez respecter l'horaire prévu ou si vous pouvez voyager.
Si une question dépasse les bornes, vous pouvez ramener la conversation vers le poste : « Si vous voulez savoir si je peux travailler le soir et la fin de semaine, oui, je le peux. » Notre article sur les questions délicates des recruteurs propose d'autres façons d'y répondre. Il s'agit d'information générale et non d'un avis juridique.
Après l'entrevue
Envoyez un court courriel de remerciement dans la journée : remerciez la personne de son temps, mentionnez un élément de la conversation qui a confirmé votre intérêt et rappelez en une phrase pourquoi vous convenez au poste. Notre article sur les courriels de suivi donne des exemples.
Connaître les questions est la première étape ; dire vos réponses à voix haute est ce qui les rend naturelles le jour venu. Réservez une simulation d'entrevue avec nos conseillers en carrière pour vous exercer sur ces questions et obtenir de la rétroaction avant la vraie.

