Lors d'un événement de réseautage, quelqu'un se tourne vers vous, vous tend la main et demande : « Et vous, que faites-vous ? » Vous avez environ une demi-minute avant que la conversation passe à autre chose. Ce que vous dites pendant ces trente secondes, c'est votre elevator pitch, ou présentation éclair : une courte introduction qui dit qui vous êtes, ce que vous apportez et ce que vous cherchez, et qui donne envie à l'autre de poursuivre l'échange.
Une bonne présentation n'est pas un slogan appris par cœur. Elle vient d'une bonne connaissance de soi, qui permet de choisir les trois ou quatre éléments qui valent la peine d'être dits. Voici comment en construire une qui fonctionne au Canada, avec un exemple complet à la fin. Si vous découvrez le fonctionnement du réseautage ici, commencez par l'art du réseautage canadien.
Commencer par un détail personnel
Ouvrez sur un détail auquel l'autre personne peut se raccrocher : d'où vous venez, pourquoi vous êtes venu au Canada, pourquoi vous avez choisi Vancouver ou Montréal. C'est une façon simple d'entamer la conversation, et cela crée souvent un lien : votre interlocuteur a peut-être vécu dans votre pays ou a lui-même changé de ville.
Limitez-vous à une phrase. Le détail personnel ouvre la porte ; ce n'est pas le cœur de la présentation.
Montrer votre valeur avec un exemple concret
Montrez ensuite ce que vous pourriez apporter à une équipe avec une réalisation précise liée à votre objectif professionnel, idéalement celle que vous mettez en avant dans votre CV. « J'ai réduit la clôture mensuelle de dix à six jours dans une entreprise manufacturière à Lyon » marque davantage que « Je suis un comptable expérimenté ».
Si vous n'avez pas d'exemple professionnel adapté, puisez ailleurs. Au Canada, le recrutement accorde un vrai poids aux compétences générales et à la personnalité : une équipe sportive, du bénévolat ou un projet communautaire peuvent démontrer les mêmes qualités. « J'ai coordonné une équipe de 15 bénévoles pour un festival dans ma ville » en dit plus sur votre esprit d'équipe que « J'aime travailler en équipe ».
Parler de vos réussites à la canadienne
Beaucoup de personnes nouvellement arrivées trouvent inconfortable la façon nord-américaine de parler de soi. Ici, on s'attend à ce que vous nommiez vos réussites simplement, sans attendre qu'on vous le demande et sans modestie excessive. Un recruteur peut qualifier votre emploi d'été dans un café de « génial », et en entrevue, on peut vous interroger sur un « conflit » que vous auriez simplement appelé un désaccord. Le vocabulaire est fort : décrire factuellement ce que vous avez fait ne passera pas pour de la vantardise.
Si vous peinez à trouver une réussite qui vous semble digne d'être racontée, partez de ce qui compte pour vous et de la façon dont cela se voit dans votre travail : « J'aime simplifier les processus pour les personnes qui les utilisent » est un bon début, que vous pourrez appuyer d'un exemple.
Faire d'abord un travail sur soi
Impossible d'écrire une bonne présentation sans répondre honnêtement à quelques questions. Quelles sont vos forces ? Quelles compétences voulez-vous utiliser dans votre prochain emploi ? Qu'est-ce qui vous distingue de la personne assise à côté de vous ? Notez vos réponses. Elles vous serviront pour votre présentation, mais aussi pour votre CV, votre profil LinkedIn et vos entrevues.
Dire exactement ce que vous cherchez
Les personnes que vous rencontrez en réseautage veulent souvent aider, mais elles ne le peuvent que si elles savent ce que vous voulez. Nommez le poste, le secteur ou les entreprises que vous visez. Se dire « ouvert à tout » peut sembler une preuve de souplesse, mais cela ne donne rien de concret à votre interlocuteur. Plus votre cible est précise, plus il lui est facile de penser à quelqu'un à qui vous présenter.
Être précis semble risqué, car la personne ne pourra peut-être pas vous aider. Ce n'est pas grave : si elle comprend ce que vous cherchez, elle pensera peut-être à quelqu'un plus tard. Si elle ne comprend pas, elle passera simplement à un autre sujet.
Adapter la présentation à votre public
Ajustez votre vocabulaire aux personnes que vous allez rencontrer. Si vous êtes spécialiste des centrales nucléaires et que vous parlez à quelqu'un d'une société d'énergie comme BC Hydro, restez sur le terrain que vous partagez plutôt que de plonger dans des détails techniques que seuls des spécialistes suivraient.
Si vous avez rendez-vous avec une personne précise, renseignez-vous sur elle avant. Un intérêt commun repéré sur LinkedIn ou dans un profil d'entreprise fait une transition simple et naturelle.
Terminer par une demande modeste et précise
Une présentation sans suite s'oublie vite. Terminez par une action que vous souhaitez de l'autre personne, et gardez-la modeste. Demander un emploi d'emblée paraît maladroit au Canada ; demander 20 minutes, non. Vous pouvez proposer un café pour en savoir plus sur son entreprise, suggérer un court appel ou l'inviter à vous ajouter sur LinkedIn, ce qui est utile si vous n'avez pas bien compris son rôle.
Voici à quoi cela peut ressembler, en une trentaine de secondes :
« Je m'appelle Amira. Je suis arrivée à Vancouver depuis Tunis l'an dernier, parce que mon conjoint a obtenu un poste ici. Je suis analyste en chaîne d'approvisionnement : dans mon dernier poste, j'ai réduit les coûts de stock de 12 % en réorganisant nos prévisions de la demande. Je cherche un poste d'analyste chez un distributeur ou dans une entreprise liée au port. Seriez-vous partant pour un café la semaine prochaine ? J'aimerais savoir comment votre équipe gère ses prévisions. »
Un exemple complet, étape par étape
Voici une présentation complète pour une personne nouvellement arrivée, construite selon les étapes ci-dessus. Diego est un exemple fictif : remplacez ses détails par les vôtres et gardez les quatre parties dans le même ordre.
- L'ouverture personnelle : « Je m'appelle Diego. Je suis arrivé à Toronto de Bogotá il y a huit mois avec ma famille. »
- Un résultat concret : « Je travaille depuis sept ans en assurance qualité logicielle. Dans mon dernier poste, je dirigeais une équipe de quatre testeurs dans une entreprise de technologie financière, et nous avons réduit d'environ un tiers en un an le nombre de bogues qui arrivaient jusqu'aux clients. »
- Une cible précise : « Ici, je cherche un poste de responsable ou d'analyste principal en assurance qualité, idéalement dans le secteur bancaire ou le commerce en ligne. »
- Une demande modeste : « J'aimerais savoir comment les équipes de test sont organisées dans votre banque. Puis-je vous offrir un café un jour la semaine prochaine ? »
Dite d'un seul trait, elle dure environ 35 secondes :
« Je m'appelle Diego. Je suis arrivé à Toronto de Bogotá il y a huit mois avec ma famille. Je travaille depuis sept ans en assurance qualité logicielle. Dans mon dernier poste, je dirigeais une équipe de quatre testeurs dans une entreprise de technologie financière, et nous avons réduit d'environ un tiers en un an le nombre de bogues qui arrivaient jusqu'aux clients. Ici, je cherche un poste de responsable ou d'analyste principal en assurance qualité, idéalement dans le secteur bancaire ou le commerce en ligne. J'aimerais savoir comment les équipes de test sont organisées dans votre banque. Puis-je vous offrir un café un jour la semaine prochaine ? »
Le même contenu répond à « Parlez-moi de vous » en entrevue. Allongez la partie centrale à 60 ou 90 secondes avec un deuxième résultat, retirez la demande de café et terminez par la raison pour laquelle ce poste précis vous intéresse. Pour essayer cette version longue en conditions réelles, une simulation d'entrevue avec une experte ou un expert en carrière comprend une rétroaction sur l'impression que vous donnez.
Moins de 45 secondes, puis de la pratique
Votre présentation ne doit pas durer plus de 45 secondes. Chronométrez-vous, puis répétez-la à voix haute jusqu'à ce qu'elle sonne comme vous, et non comme une récitation. Essayez-la d'abord dans des contextes sans enjeu, comme des rencontres informelles, des activités bénévoles ou des conférences de votre secteur, et observez si les gens vous posent des questions. Notre article sur la préparation de votre prochain événement de réseautage vous donnera d'autres idées.
Quand quelqu'un vous demandera « Et vous, que faites-vous ? », vous aurez une histoire prête : la vôtre, racontée de façon à donner envie d'entendre la suite. Si vous souhaitez travailler votre présentation avec une personne qui connaît le marché de l'emploi canadien, réservez une séance Face-à-face avec nos conseillers et répétez-la avant votre prochain événement.


